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Mathura and Vrindaban

Voilà quelques semaines déjà, nous sommes partis un samedi dans la brume lumineuse des petits matins sur ce campus arborescent. Un sac à dos taille réduite, et nous voilà partis tous les 2 pour l’anniversaire de Krishna vers Mathura et Vrindaban. Sur la route, je découvre et apprécie le vent, l’air qui caresse mes joues. Nous dépassons le train, puis il nous re dépasse. Très lentement, nous arrivons à quitter Delhi, la ville qui se perd en filaments de banlieues habitées par des demeures de plus en plus impressionnantes à mesure que nous avançons.

 

Lorsque nous arrivons à Mathura, nous nous perdons d’abord sur les gate, en moto, le temps d’être reconduits hors de la zone…piétonne mais non moins traversées par les rickshaws vrombissants. Nous allons alors au premier étage d’une maison où nous découvrons un petit restaurant où nous assouvissons la faim qui se fait sentir. Après nous partons, marcher devant le Yamuna, percevons la rive en face, nous faisons alpaguer par les conducteurs de pirogues et observons parfois déconfits les hommes et les femmes qui viennent avec bonheur se plonger dans ces eaux…verdoyantes.

L’endroit ressemble vraiment à Varanasi, bien que cette fois, il n’y ait pas derrière nous la fumée du bûcher ou les corps sont calcinés.

 

Nous repartons dans le dédale des petites rues, des boutiques. Croisons les femmes qui en groupe s’exclament en achetant leurs saris, choisissent leurs bijoux. Après les petites rues, nous partons vers les temples de Krishna. Pour l’occasion, la foule est là. Alors que les hommes se perdent en une longue file, l’entrée des femmes est elle presque vides et elles entrent et sortent facilement alors que les hommes se piétinent les uns sur les autres. Nous découvrons de beaux endroits, la lumière de la journée éclaire les temples de couleurs et les hautes statues rendants tout endroit plus impressionnant encore.

 

Le soir même, nous partons pour Vrindaban. J’apprends par ma famille indienne que près de cette ville, il y a une montagne autour de laquelle marchent les croyants. Après cette marche, normalement, les vœux se réalisent….

Dommage, je l’ai appris trop tard, il faudra y retourner.

 

Nous avons du mal à trouver un hotel et finalement, trouvons un endroit pour dormir. Nous partons ensuite avec deux garçons sur un rickshaw à pédale. Notre petit guide s’amuse de me voir parler hindi, en fait son anglais étant tellement pitoyable il l’abandonne rapidement et me fait la visite en hindi… C’est moi qui suis pitoyable.

Il y a des temples pour Krishna à chaque coin de rues et le lendemain nous en voyons encore plus, de plus grands, plus hauts, plus impressionnants.

Le soir, d’épuisement nous nous endormons. Je laisse Taka dormir au petit matin et pars marcher dans la ville qui s’éveille. Il y a vraiment quelque chose de particulier avec le matin ici. Tout prend vie tout doucement, les pouces de ce qui s’épanouira dans la journée sont là, et tout doucement, chacun s’installe dans la vie qu’il avait quittée pendant son sommeil. La lumière est sublime et je prends des clichés des petits ruelles sur lesquelles seul un rai de lumière s’épanche, comme pour révéler un endroit sacré. Un homme alors sort de chez lui et me regarde droit dans l’objectif. Je me perds, un peu, finalement pas vraiment. En quelques tours et détours, je retrouve la rue principale plus fournie alors qu’auparavant. Je recroise les mêmes personnes qui hier s’endormaient et qui aujourd’hui s’éveillent dans le matin.

Je retourne voir le marchand de fruit à qui j’ai acheté des pommes la veille, m’offre un petit déj à l’indienne avec des rotis et du daal, un chai, le tout assise en tailleur, et regarde les gens passer et s’évanouir dans les ruelles qui les aspirent.

Taka finit par daigner s’éveiller et il nous faut nous mettre en route, la pression des examens oubliée ces quelques heures se faisant à nous veau sentir. Nous voilà repartis pour 3 heures au moins de trajet en moto. J’aime vraiment traverser l’endroit comme cela. Parce que je ne suis couverte alors par aucune structure, j’ai l’impression de me fondre dans ce paysage de champs qui s’étend à perte de vue dès l’instant où nous avons quitté la ville.

Lors d’un arrêt chai sur le côté de la route, je demande où je peux trouver des toilettes. Il n’y a pas de baraquement et juste derrière la hutte, il y a un champ. Alors on me fait signe d’aller là bas, là bas dans la maison dont l’entrée paraît celle d’un garage. Je m’approche, et observe une scène inattendue. Sur la gauche une femme et une petite fille, assise, silencieuses. A droite, un petit garçon. Au fond, un homme couché sur un lit d’élastiques larges comme on en trouve toujours ici. Une vieille femme est assise au niveau de ses pieds, et elle le masse. D’abord, je ne comprends pas, me demande si la famille est en deuil et me sent ainsi honteuse, fait demi-tour. Mais l’homme du chai me prend le bras et m’invite à entrer alors je demande… finalement les toilettes ici, c’est derrière la porte dans la rigole d’un couloir, là au fond…

L’homme s’éveille. Il ne s’assoit pas mais il me regarde. Soudain, ces yeux pétillent et il propose de nous inviter à déjeuner, lui allongé là, massé par sa femme. Nous avons de la route, nous devons refuser. La façon dont il s’adresse à moi, la façon dont il me regarde soudain et me pose des questions posément dans un langage que oh dieu… je comprends parce qu’il est articulé et lent me fait penser à mon grand père.

 

Il nous faut partir, si non, nous aurons des embouteillages pour rentrer dans Delhi dit Taka. Alors que nous nous apprêtons à remonter sur la moto, un homme-femme, une femme-homme, arrive et nous demande de l’argent, nous promettant les pires atrocités si nous ne lui donnons pas 10 roupies. Rapidement, il / elle, elle / il, comprend que nous ne marchons pas et finissons par rire ensemble des excentricités de ce monde cynique. 

 

Lorsque nous rentrons, les poumons purifiés par le grand air, les pots d’échappement des camions tata nous ramènent bien vite aux réalités de la ville.

 

 

 
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