Cette fois, nous partons alors que je suis malade. J’ai le ventre tout gonflé depuis quelques semaines et mes amis s’amusent à me demander de combien de mois je suis enceinte. Très marrant, très
marrant. Mais les cours à l’université s’estompent un peu, alors rob et moi surmontons ce gros ventre et décidons de partir tout les deux à la montagne, là bas au nord.
Nous partons à la gare de bus, à quelqu’une heure du campus et réservons nos places dans un bus de luxe… il faut alors comprendre un bus juste normal… un peu moins gouvernemental que
d’habitude…
Mais je suis malade et là, je me demande si vraiment je ne suis pas folle de partir maintenant alors que mon ventre a décider de proclamer l’état d’urgence et que la révolution s’organise et
s’étend bientôt à tout mon système digestif en chaos. Je n’ai pas envie de rentrer, tant pis, je pars et passerai les 15 prochaines heures allongée. Le bus ne fait que peu d’arrêts, pourtant,
nous arrivons à Manali avec plus de 6 heures de retard.
Là, nous commençons par arpenter la nouvelle ville, ses boutiques pour touristes, ses gens qui nous arrêtent tous les 10 mètres. Rapidement, nous fuyons, sac sur le dos, vers le vieux manali et
traversons le pont. Là, un déjeuner à l’occidental me fait oublier les troubles de mon estomac. Nous rencontrons l’Autrichien là depuis quelques jours et qui nous conseille d’aller dans le
village, que l’on voit là-haut sur le versant de l’autre montagne. D’abord, nous grimpons au temple de la vieille ville. Il n’y a personne, seules quelques femmes s’affairent aux travaux
domestiques, des hommes emmènent des bœufs d’un côté à l’autre de la ville, puis nous arrivons au temple. C’est le temple de Manu dont j’ai d’ailleurs lu le texte de loi pour l’un de mes cours,
un texte décidemment progressiste où les femmes ne sont pas la possession mais propriété des hommes...
Nous prenons des photos de la vallée un peu embrumée, et allons ensuite visiter l’atelier de tissage de la laine derrière le temple. Enfin visiter…observer ces trois hommes chacun derrière leur
métier qui réunis dans une pièce fournissent les pièces vendues dans la petite échoppe là devant.
Nous redescendons et partons vers Vashisht, le village que nous apercevions alors. Il semble un peu compliqué de trouver une guest house, puisque toutes semblent fermées, mais finalement
nous nous en sortons, le principal étant d’avoir des couvertures, par contre pour l’eau chaude il faudra faire sans.
Nous marchons dans le petit village, observons les femmes réunies au lavoir lavant les vêtements de couleurs. Puis avançant nous arrivons vers la cascade malheureusement transformée en décharge.
Nous rencontrons des travellers et dînons ensemble dans un endroit plus occidental qu’il n’en paraissait compte tenu du menu. Rob fait son cliché ambulant en mangeant des gros burgers du matin au
soir, et je ne suis pas mieux avec mes crêpes au nutella. La nuit est froide et les deux grosses couvertures mettent du temps à nous réchauffer.
Nous nous éveillons et passons quelques temps immobiles à regarder par la fenêtre la vue sur les deux cimes des montagnes qui se rejoignent là bas au loin où nous n’irons pas.
Au lieu de soumettre nos corps à l’eau gelée qui coule des robinets, nous allons au centre du village, au temple, là où sont les bassins d’eau naturellement chaude. Un côté homme, un côté femme.
Je rentre dans la petite section des femmes. Il y a un côté par lequel l’eau coule depuis des robinets, les filles et femmes sont en sous vêtement et se savonnent de ce côté alors que de l’autre,
un bassin d’eau chaude renouvelée attend mon corps gelé.
Nous décidons de grimper un peu afin d’avoir une vue plus large sur la vallée, le fleuve là en bas qui roule et s’écoule sur d’énormes pierres. Arrivés à la cascade, nous nous arrêtons et
entendons soudain un cri strident. Alors face à nous, des bûches liées entre elles dévalent la pente, attachées à un câble de métal. Nous décidons de prendre nos sacs à dos et de nous rendre à
pied, suivant puis traversant le fleuve sur le versant en face, là où un bus cette fois gouvernemental nous emmènera à travers les monts vers notre prochaine destination, Mandi.
L’après midi a ainsi lieu dans un bus sautillant, et je passe mon temps à regarder, juste regarder les paysages qui défilent, changent de forme, de couleurs.
A Mandi, nous trouvons encore un endroit au centre de la ville avec des couvertures, de l’eau tiède mais bien vétuste. Nous passons la soirée à arpenter la ville, découvrir ses temples, ses
ruelles. Nous prenons un chai dans une petite baraque près du fleuve et parlons un peu avec le vieux monsieur qui nous sert ainsi qu’avec ses clients distingués faisant partis de la bourgeoisie
du lieu.
Le matin, nous décidons de nous rendre au temple à 2 km plus haut. Nous croisons alors les enfants qui vont à l’école. Nous nous perdons, hypnotisés par la levée de la brume sur la ville dont les
couleurs sont de plus en plus avivées à mesure que le jour se réalise. Finalement, nous trouvons le fameux temple que Rob ne voulait surtout pas manquer… les couleurs sont effectivement belles,
mais il n’y avait vraiment pas de quoi en faire un monde. Et voilà, je suis blasée diront certain. Mais non, vraiment, il n’est pas possible de se lasser de ce pays où d’une semaine à l’autre je
dors dans le désert puis dans la montagne observant la neige des sommets.
En attendant le bus pour aller à Shimla, nous marchons vers la rivière sur le bord de laquelle nous rencontrons des enfants. 10 ans, dealant de la drogue, les yeux brillants. La petite fille à
côté de lui l’arrête dans son marchandage intempestif avec moi. On s’assoit tous les 4 et ils se présentent, leur nom, l’endroit où ils vivent et ce qu’ils allaient faire pendant la journée.
Marcher, errer, marcher, ramasser, errer…
A nouveau, nous passons l’après midi dans le bus, à observer le paysage défiler, le jour disparaître sur les montagnes, le ciel se rosir. A la nuit tombée, enfin, nous arrivons. Shimla est
construite sur le versant d’une montagne et le bus nous dépose au bas de la pente… l’hôtel évidemment, était, là bas plus haut…
Nous partons marcher dans la ville et découvrons une rue pareille à celles dans lesquelles j’ai plus marcher en Angleterre, l’architecture, le type de pierre, la configuration de la place, les
statues de bronze. Au dessous quelques marches plus bas, nous retrouvons les petites rues grouillantes des marchés indiens colorés du centre de Delhi.
Le lendemain, nous montons au temple. Après une demi heure de marche, nous arrivons finalement, au milieu des singes…
Nous redescendons, déambulons à nouveau dans les ruelles, puis nous repartons dans un bus par lequel le paysage défile, défile, défile.
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