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Erotisme

Levée à 5h30, pour être sure d’arriver à la gare à temps. Je traverse le campus alors que le jour commence à peine à se lever. Il y a encore de la brume sur la forêt et l’on ne voit pas bien loin. Arrivée sur la rue principale du campus, je trouve un rickshaw, négocie mon prix pour aller à la gare, prendre Anne qui m’attend à l’entrée du campus, bien sur, je me fais un peu arnaquer, mais vu le faible nombre de rickshaw à cette heure, je ne fais pas ma difficile. Nous arrivons à Nizzamuddin. 

Pendant ce temps, le jour s’est levé sur la ville en nous accompagnant jusqu’à cette gare où le méli-mélo de la vie est déjà bien présent. Les rickshaw affluent, les bus, les voitures, les policiers sont déjà le sifflet à la bouche, chacun s’engouffre dans la gare par le large escalier. Puis il y a nous… qui allons changer nos billets pour prendre des réservations, afin de pouvoir s’assoire. Oui, c’est vrai que l’on aime bien le luxe de la position assise surtout lorsque l’on prend un train qui va durer 7h, retard… non compris !Le train est déjà là, nous sommes à l’heure, il partira avec 45 minutes de retard… au moins c’est annoncé, nous allons passer la journée la dedans. Au début, nous parvenons à nous assoire assez confortablement, mais à mesure que le temps passe, les gens arrivent, réclament leur place, et nous voila trois par banquette, serrés les uns contre les autres. Sur le quai, je me suis achetée Frontline, hebdomadaire critique sur l’actualité nationale et internationale. Cela fait longtemps que je n’ai pas ouvert un journal ou magazine « en vrai », m’étant habituée à lire les journaux sur Internet, et je retrouve le plaisir de la lecture des news sur le papier. Autour de nous… des hommes. Des jeunes et des moins jeunes, des regards curieux, amusés, séducteurs (très amusants d’ailleurs). On lit, écoute de la musique, le temps passe, les gares et les gens aussi. Enfin, arrivés à Agra, le train se vide, alors nous nous allongeons chacune sur une banquette, profitant pour ma part du confort de mon sac de randonnée tout terrain… il fait même matelas. Nous sympathisons avec les deux indiens en face de nous qui étudient depuis le début du voyage, ils sont à l’université de Delhi. Un peu amusé, l’un d’eux me fait signe de regarder au plafond, et c’est là que je découvre un homme profondément endormi, allongé, au dessus des sièges, là ou les gens rangent normalement leurs bagages. Je prends une photo, il ne se réveille que plus tard, pour descendre du train, juste au bon moment semble t il. 

Nous descendons à Jhansi…enfin arrivée. Là, nous allons faire la queue au guichet pour prendre le ticket pour le retour afin de s’assurer d’être dans un bon train (= qui aura moins d’une heure de retard) et à peu près confortable (=odeur acceptable, voire même pas d’odeur). Nous prenons le Shatabdi, je suis avec Anne qui adore ce train particulièrement luxueux où l’on nous sert à manger, qui est un peu climatisé, mais qui accueille malheureusement pour nous la middle class indienne et ces enfants de moins de dix ans un peu trop brailleurs en fin de journée… 

En sortant de la gare, le chauffeur de rickshaw qui nous suit depuis notre descente du train nous propose de nous emmener…où nous le voudrons… bien sur, mais avant, il énumère toutes les destinations possibles des touristes qui viennent dans cette région par ailleurs hautement touristique de l’Inde. Nous lui demandons de nous emmener à la gare routière en passant par la banque (case départ 20 000…). Nous finissons par lui avouer ou nous allons, là, il nous assure qu’à cette heure nous ne trouverons plus de bus. Quoiqu’il en soit, nous insistons pour aller jusqu’à la gare routière, où nous trouvons un bus sur le point de partir pour Khajuraho. Nous montons et nous partageons luxueusement une place pour 2 et ce pour 6h de voyage. En France, 2h30 de voyage me semblaient une éternité quand je quittais Paris pour rentrer dans le nord, maintenant, 6h de bus ne m’effraient même plus. Ici, le temps et l’espace prennent une toute autre dimension et bien sur je ne suis pas du tout dans le même état d’esprit. 

Juste vivre, respirer, se prendre dans le flot, certes maîtriser ce qui se passe mais ne pas s’énerver, ça ne sert à rien lorsqu’un pneu est crevé, il faut s’arrêter, perdre une heure, et ce n’est pas grave, on arrivera bien un jour, dans quel état… c’est peut être parfois une autre histoire, mais là, dans le centre de l’Inde, la route est relativement droite et plane, peu d’angoisse. Assise sur le siège, debout dans le couloir du bus, je regarde le paysage. J’ai l’impression d’être dans un salon regardant un documentaire qui défile. 

Pendant le trajet en train, à un moment en passant ma tête par la fenêtre parée de barreaux, j’ai vu l’avant du train entrer dans un tunnel, au dessus, une petite colline rocheuse, la terre est rouge, le sol semble sec, il faisait alors un soleil de plomb. Alors que nous sommes dans le bus, la journée commence à tendre vers sa fin, en effet, nous n’arriverons qu’en début de soirée. Nous voyons descendre le soleil sur la terre, les champs qui défilent, les petits villages, les villes pleines de cette vie de désorganisation assumée comme j’aime tellement qualifier l’ambiance ici. Le trajet à la fin est tout de même un peu longuet et nous sommes heureuses d’arriver dans notre hôtel où la douche ne fonctionnant pas, nous redécouvrons les plaisirs de la toilette au seau, par contre, le jardin et ses petits bassins de nénuphars apaisent notre esprit alors fatigué. Evidemment, je craque et ne résiste pas à l’envie de crêpe qui monte en moi pour le dîner. Qui a dit que je serai malheureuse en Inde à manger du riz tous les jours ? Tout le monde…. Eh bien tout le monde avait finalement bien tort.

Je suis particulièrement fatiguée et bien que je commence à lire la Condition humaine de Malraux, je ne résiste pas au sommeil et sombre, éveillée au matin par Anne curieuse à l’idée de découvrir ces temples. Re crêpe pour le petit déj et nous nous mettons en route.

Dans la rue, les gens commencent déjà leurs « hallo ma’ame » qui ne cesseront pas. Nous arrivons prêt du jardin où sont les temples du côté ouest de la ville, les plus beaux. Alors nous allons au guichet et demandons à payer le prix indien, puisque nous sommes étudiantes, que nous vivons en inde et blablabla. L’homme ne veut rien voir, rien entendre, et un autre sort de je ne sais où et nous emmène…on ne sait pas encore où. Il fait un peu la conversation, demande d’où nous venons, combien nous sommes puisque deux filles, blondes, « toutes seules », c’est incroyable ici. 

Nous arrivons devant une maison en plein pied devant laquelle des hommes font des travaux, notre guide du moment nous accompagne à l’intérieur où il y a un bureau puis dans une autre pièce sensée être le bureau du représentant du gouvernement qui se trouve être une chambre. Deux hommes sont là, l’un assis, le coude posé sur une table ronde, l’autre assis sur le lit deux places occupant tout l’espace de la petite chambre. Je repère sur la gauche une porte, au dessous, un rai de lumière. Nous sommes un peu surprises de nous retrouver dans cet endroit. Les deux hommes nous parlent, demandent ce que nous faisons, quel est notre problème, on nous apporte un chai délicieux au goût de cardamom et de basilic, puis le fameux représentant du gouvernement sort de la pièce à la porte close d’où un raie de lumière dépassait. Il est assez beau, brun, barbu de quelques jours, les cheveux courts mais avec une mèche un peu longue partant du haut du crâne comme l’on en voit beaucoup ici. Ce qui nous stupéfait l’une et l’autre c’est son vêtement. Il ne porte pas un pantalon mais un morceau de tissus attaché à la taille et enroulé entre ses jambes, pour haut, un tee-shirt blanc ayant pris la poussière au col rond allongé. Au cou, il a plusieurs longs colliers qu’il laisse sous son tee-shirt signifiant par là sa fréquentation régulière des temples. Les autres nous le présentent d’abord comme le représentant du gouvernement puis comme étant un brahmane, supérieur disent ils en savoir. En effet, mon ami Anne étudiant le sanskrit, il se met à parler quelques mots. Le sanskrit était la langue du savoir, réservée aux brahmanes. Les deux autres sont très fiers. Le responsable signe la photocopie de nos passeports et nous repartons vers le comptoir de ticket afin d’entrer enfin dans ce jardin des temples. 

Là, nous restons assez longtemps. Marchant autour des temples, regardant les statues, les sculptures, allant voir l’intérieur. Ils sont vraiment très finement sculptés, la richesse de l’ornement nous épate, nous pensons alors que l’occident et ses Eglises romanes contemporaines à cette période font vraiment bien pale figure. Des statues de Dieux, de scènes quotidiennes, et enfin, les fameuses statues érotiques pour lesquelles cet endroit de l’Inde est connu. Les temples en sont justes… couverts et cela fait large contraste avec l’impression que nous avons de nos amis indiens aux valeurs morales régissant leurs comportements. Il fait un temps sublime et nous jouons un peu avec les nuages qui font varier l’intensité de la lumière pour prendre nos photos. 

Lorsque nous sortons, nous décidons de nous rendre de l’autre côté de la ville pour aller voir un des plus vieux temples. En effet, nous nous trouvons dans un espace quadrangulaire, surmonté sur chaque côté de construction de pierres à peu près au même niveau. Au loin, je vois mon premier éléphant. Je sais que tous mes amis riront de me voir écrire cela, mais tout de même c’est mon premier éléphant indien, ça a de la valeur ! Nous quittons ce temple, payons notre chauffeur pédalant de vélo rickshaw et je commence à lui parler un peu, en hindi. Il me raconte la pauvreté ici, le manque d’eau, les comportements face aux touristes. Il est assez vieux, des saisons, des touristes, il en a vu. Mais dans son regard alors que nous parlons avec mes quelques mots de hindi, il y a cette petite lumière qui me réjouit. Nous décidons d’aller vers les temples Jaïns, une religion traditionnelle ayant des similitudes avec l’hindouisme et le bouddhisme et qui met l’accent sur l’ascétisme. Là encore, nous profitons, marchons, prenons des photos, rencontrons une famille venue là, comme nous, pour visiter, pour voir. 

En sortant, nous décidons de rentrer à pied vers la ville. En chemin, nous allons voir un autre temple, pour cela, il nous faut passer par la partie ancienne du village, faite de rues tortueuses, de terre, ou de l’eau stagne, où des vieilles femmes à la peau sur les os nous demandent de l’argent, où les portes de bois entr’ouvertes laissent voir des espaces désolés et des visages tristes. Mais la rue toujours, elle, est animée et bientôt, nous voyons arriver deux enfants portant l’un et l’autre un chevreau, plus loin, la maman suit… le placenta pendant. Nous rencontrons d’autres enfants qui prennent le pas, sont heureux de nous parler en hindi qu’ils maîtrisent bien mieux que l’anglais. Au temple, nous rencontrons une française retraitée en voyage qui aimerait partir en Birmanie… mais compte tenu de l’actualité, le moment est peut être mal choisi. Nous rions, sa fille s’appelle coraline. Fatiguée, nous prenons le chemin du retour vers le centre ville. 

Nous passons faire une petite course, dans une petite échoppe, mais ce qui ne devait durer que quelques minutes prend soudain une autre dimension. Anne est un peu patraque et rentre à l’hôtel à deux pas s’allonger. Je reste dans la boutique face au vendeur épaté d’entendre une fille jeune blanche un peu blonde (oui c’est le soleil, je compte bien retrouver mon châtain en rentrant) qui parle et comprend le hindi. Encore une fois, la langue ouvre des portes sur le quotidien des gens que je rencontre. Certes, il faut qu’il parle lentement, qu’il soit patient lorsque je parle, mais tout de même nous y arrivons. Finalement, il m’invite à déjeuner avec lui, par terre, dans la boutique à la porte alors fermée pour l’occasion. Son neveu l’a alors rejoint. Le dit « oncle » a 25 ans, pourtant je trouve qu’il a l’air bien plus vieux. Je suis curieuse de voir ce qu’il y a dans ce cylindre en aluminium que la plupart des gens en Inde ont avec eux, portant leur déjeuner sur leur lieu de travail. Il ouvre, et je découvre que le cylindre est divisé en plusieurs partie, non pas entrée/plat/dessert (il ne faut pas non plus exagérer), mais légume/roti/sweets. Il partage alors sa nourriture avec moi, son neveu est subjugué par ma présence et me harasse de questions, d’abord hésitant, puis après en confiance ne peu plus s’arrêter. Je lui demande de m’écrire des mots de vocabulaire que je ne comprends pas lorsqu’il me parle. Ça l’occupe et en plus j’apprends ! il me faut pas mal de temps, et la promesse de revenir avant de pouvoir quitter cet endroit sans m’en tirer sans prendre des photos, bien sur… 

De retour à l’hôtel, je raconte à Anne ce curieux moment. Elle rit de leur étonnement. Nous ne nous en rendons pas compte mais finalement nous bouleversons la conception que les gens ici ont des touristes, ces blancs en short à casquette, qui se baladent mains dans la main, parlent un anglais parfait ou chaotique suivant les nationalités, et semblent avoir de l’argent comme ils ne pourront sans doute jamais en avoir. Je crois que nous brisons un peu les habitudes en prenant notre temps, habillées à l’indienne, et parlotant la langue. 

Le lendemain, nous poursuivons notre voyage, prenons à nouveau un bus de quelques heures et nous rendons à Orchha. Dans cette ville / village, on trouve des palais des princes de l’empire moghols. Ces endroits immenses et majestueux sont vides, nous rencontrons peu de touristes, quelques indiens dans le premier où nous allons. Nous observons les voûtes, les dessins sculptés dans le marbre blanc, l’architecture inconnue de ces endroits à explorer. Notre première balade dans la ville est un bonheur. Nous errons un peu et nous éloignons des rues fréquentées, allant vers ce qui ressemble plus à un village. 

Là, nous rencontrons une ribambelle d’enfants souriants, d’abord hésitant, un peu en retrait. Nous parlons à plusieurs d’entre eux, séparément. Puis, vient l’effervescence, la première photo, tous ensembles, agglutinés les uns sur les autres, puis quelques portraits, vite, très vite. Ils rient, et nous prenant par la main nous emmènent dans les rues du village puis nous entrons dans une cours, il y a une pompe à eau qui fonctionne, un garçon qui creuse une rigole et deux femmes qui tamisent le blé pour faire les chapati. Elles sont les mamans de deux des enfants. Elles sourient, sont heureuses et accueillantes. Nous ne restons pas très longtemps, mais nous nous asseyons un peu auprès d’elle et échangeons quelques mots et beaucoup de sourires. Lorsque nous repartons, nous sommes sur notre petit nuage, comme souvent je l’avoue après avoir rencontré les gens dans les villages. J’ai pris leur adresse, je vais faire développer les photos et les envoyer en espérant qu’elles leur parviennent. Je ne sais pas comment réagir avec ces rencontres dans la tête et ces images dans les mains. Il me faut donner un sens à cela, former un projet peut être. Ou alors conserver les instants tels qu’ils sont, sans chercher à verser du sens outre mesure comme on me l’a pourtant appris. 

Ce soir là, nous lisons, je continue la Condition humaine, cette fois, je suis dedans et commence à découvrir les richesses du texte et des entre lignes… Le lendemain, c’est notre dernier jour. Nous profitons de la matinée pour partir à la découverte de quelques palais un peu en retrait par rapport au centre de la ville, là, nous sommes seules, et j’avoue que je me perds dans le labyrinthe de ces endroits majestueux. L’heure du « check out » arrivant, nous prenons nos sacs à l’hôtel et prenons un « tempo » (grand rickshaw) pour aller à Jhansi. J’ai oublié de préciser que ce jour là, c’est le jour anniversaire de Gandhi, le 2 octobre (comme papy). Gandhi pour sa part né à Porbandar dans le Gujarat, Nord ouest de l’Inde. C’est donc un jour férié et dans la petite ville de Orchha, les gens se pressent, tout endimanchés pour aller au temple. Ils arrivent par bus, des familles entières, qui inondent la ville de leurs couleurs et de leurs rires. 

Dans une artère partant de la place principale, je retourne dans un endroit où je suis allée la veille et ou j’ai rencontré une femme en ceinte… de 9 mois. Elle m’a dit en souriant, qu’il ne restait sans doute plus que quelques jours. Elle était très belle et avait un sourire épatant. Sur la route pour Jhansi, nous croisons des familles entières, mari, femmes, 3, 4 enfants parfois, sur la même moto, vêtus de vêtements colorés comme on en manque chez nous. Nous croisons beaucoup de gens allant dans le sens inverse au notre. Le paysage est sublime, c’est la bonne heure, puisque la lumière inonde littéralement l’endroit. 

Arrivées à Jhansi, Anne est un peu anxieuse, car nous avons à attendre 5h avant de prendre notre train. J’avoue que mon inébranlable patience cette fois vient largement du confort de mon sac matelas et de ma lecture de Malraux qui m’a alors complètement envoûtée. 

Nous marchons un peu sur le quai de la gare, d’abord pour trouver de l’eau, puis à manger. Je me risque alors à prendre un déjeuner totalement indien, de la nourriture de ces petites bicoques un peu louches sur les quais de gare. Ayant laissée Anne au cyber centre (eh oui incroyable… ça existe aussi), je m’assoie par terre (scandale… seuls les gens les plus pauvres, les plus basses couches sociales touchent le sol comme je le fais), m’attirant les regards de tous mes voisins, envoûtés par mon habileté à manger avec les mains, sans en mettre partout. Je m’allonge sur mon sac et continue à lire. Je remarque de temps à autres les regards interrogateurs des voyageurs étonnés de voir cette fille pourtant toute blanche assise par terre alors qu’il y a des sièges un peu plus loin. Anne me rejoint et nous investissons la waiting room pour la sieste, allongées, épuisées sur nos sacs, nous dormons là, comme deux bien heureuses. 

La voix du haut parleur nous réveille lorsque le nom shatabdi est prononcé. Nous allons alors sur le quai. Oh miracle des miracles, le train est à l’heure, et nous nous glissons dans cette autre vie qu’est celle des expatriés et de la middle class et qui commence dans le train climatisé avec siège s’allongeant et service, thé et dîner compris. Je finis mon livre dans ce train. Absorbée par cette écriture si juste, si étonnante, émoustillant mon amour pour la littérature une fois encore. Le train est en retard de 30 minutes, disons alors qu’il est à l’heure, nous nous faisons arnaquer par le rickshaw, mais arrivons enfin sur le campus, et lorsque je me glisse dans mon lit fait pourtant d’une rude planche de bois et d’un matelas moitié plus fin que ceux que je connais en France, j’ai l’impression d’être rentrée chez moi.
 
 
 
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